L'arrivée de l'intelligence artificielle (IA) annonce des gains de productivité importants, mais soulève la question centrale du partage de ces bénéfices. Les progrès technologiques du passé ont souvent accru la productivité sans se traduire par une hausse proportionnelle des salaires ; pour que l'IA améliore réellement la qualité de vie, son déploiement devra être encadré techniquement et socialement.

Contexte historique et preuve chiffrée

Les données disponibles mettent en lumière un décalage ancien entre productivité et rémunération. Entre 1973 et 2013, la productivité a augmenté de 74 % tandis que le salaire horaire moyen, ajusté de l'inflation, n'a progressé que de 9 % (source citée : Economic Policy Institute). Cette dissociation explique en partie pourquoi les gains techniques n'ont pas toujours bénéficié aux salariés.

Ce que change l'IA par rapport aux vagues précédentes

Plusieurs caractéristiques distinguent l'IA des technologies antérieures :

  • accessibilité : des outils d'IA sont désormais disponibles à des tarifs modestes, avec des services capables de produire résumés, transcriptions et vidéos pour quelques dollars par mois ;
  • facilité d'usage : l'utilisation de ces outils ne requiert pas nécessairement des compétences de développeur ;
  • amplitude fonctionnelle : l'IA peut automatiser des tâches cognitives répétitives, mais aussi assister des activités de synthèse et de production de contenu.

Ces caractéristiques rendent plausible une transformation rapide des modes de travail. Pour certains observateurs, cités dans les éléments fournis, l'IA pourrait permettre d'organiser le travail différemment et d'atteindre des gains de productivité suffisant pour réduire le temps de travail sans perte de revenu, par exemple en envisageant une semaine de quatre jours.

Enjeux sociaux, économiques et de régulation

« Si elle reste totalement non régulée, l'IA risque d'engendrer des inégalités encore plus grandes que les vagues technologiques précédentes. »

Ce constat, attribué à un économiste reconnu dans les sources, souligne les risques d'une adoption non encadrée. Trois enjeux majeurs ressortent :

  • répartition des gains : si les entreprises conservent l'essentiel des bénéfices de productivité, les salariés pourraient voir peu d'amélioration de leur niveau de vie ;
  • emplois et tâches : l'IA rendra obsolètes certaines tâches mais en créera d'autres, et valorisera des compétences humaines comme la créativité, la résolution de problèmes, l'esprit critique et le leadership ;
  • contrat social et confiance : l'absence de partage équitable peut accroître la défiance envers les institutions et alimenter les fractures sociales.

Face à ces enjeux, les réponses possibles combinent mesures d'entreprise (partage des gains, aménagement du temps de travail) et actions publiques (régulation des outils, formation, dialogue social). L'exemple historique des calculatrices illustre que la technologie modifie les tâches plutôt que l'emploi humain dans son ensemble : elle a élargi le rôle des comptables plutôt que de les rendre superflus.

Ce que cela change pour nous

Concrètement, l'arrivée d'outils d'IA peu coûteux et faciles d'accès pourrait :

  • réduire le temps consacré aux tâches administratives et répétitives ;
  • augmenter la productivité des travailleurs du savoir, à condition que les entreprises partagent ces gains ;
  • revaloriser les compétences humaines difficiles à automatiser, susceptibles de devenir des critères de différenciation sur le marché du travail.

Ce qui reste à confirmer

  • l'horizon temporel exact et l'ampleur de la transition vers des semaines de travail plus courtes ;
  • la capacité et la volonté des entreprises à partager massivement les gains de productivité avec les salariés ;
  • les types d'emplois et de tâches qui émergeront réellement à long terme, et leur répartition sectorielle.

À retenir

  • L'IA promet des gains de productivité importants, mais l'expérience historique montre que ceux-ci ne se traduisent pas automatiquement en hausse des salaires.
  • Pour éviter d'aggraver les inégalités, l'IA devra être encadrée par des politiques publiques et des pratiques d'entreprise favorisant le partage des gains.
  • L'IA devrait rendre obsolètes certaines tâches tout en valorisant des compétences humaines : créativité, résolution de problèmes, esprit critique et leadership.
  • Une réduction du temps de travail, comme la semaine de quatre jours, est envisagée par certains économistes à condition d'un cadre social et technique approprié.
  • Des choix politiques et un débat public sont nécessaires dès maintenant pour orienter la transition vers des résultats partagés et soutenables.

Article amélioré avec l'IA - Article original