Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a dévoilé un système d'échographie mammaire 3D très compact, baptisé « cDAQ », conçu pour produire des images volumétriques en temps réel hors des services hospitaliers. L'architecture mise au point par le Media Lab combine une tête de sonde de la taille d'un jeu de cartes et un module de traitement approchant la taille d'un smartphone, pour un coût matériel annoncé autour de 300 $ et une alimentation en 5 V.
Contexte et innovation technique
La technologie développée repose sur une matrice dite CODA et sur un schéma d'acquisition « chirpé », associé à un traitement embarqué réalisé par FPGA. L'ensemble vise une très faible consommation et une conception « ultra‑sparse » du réseau de transducteurs, ce qui réduit l'encombrement et le coût des composants. D'après les éléments fournis par l'équipe, le dispositif permet de reconstituer le volume mammaire en seulement deux à trois positions de la sonde, sans nécessiter une compression forte du tissu, limitant ainsi la distorsion des structures.
Sur le plan des performances techniques, le système offre une imagerie jusqu'à une quinzaine de centimètres de profondeur et fonctionne sur des bandes de fréquences compatibles avec l'imagerie mammaire. Le module de traitement effectue le filtrage, la conversion et l'échantillonnage des signaux afin de délivrer des reconstructions 3D en temps réel, observables via un écran externe connecté.
Potentiel d'usage et impact sur le dépistage
Le cDAQ est présenté comme complémentaire à la mammographie. La mammographie laisse entre 20 % et 30 % de « cancers intercalaires » non détectés entre deux examens annuels ; l'échographie est reconnue pour compenser une partie de ces limites, en particulier chez des patientes à seins denses. La compacité et le coût réduit de ce système pourraient faciliter l'accès à l'imagerie dans des zones rurales ou dans des cabinets disposant de peu d'infrastructures, et rendre possible un suivi plus fréquent lorsqu'il est indiqué.
Les concepteurs évoquent également l'objectif d'un capteur porté ou « wearable » pour un suivi à domicile. Une version plus petite du module de traitement est en cours de développement afin de permettre une connexion directe à un smartphone, et une application intégrant des fonctions d'assistance par algorithme est envisagée pour guider la position de la sonde.
Essais cliniques et trajectoire vers la commercialisation
Les auteurs cités incluent des membres du Media Lab et des collaborateurs du Massachusetts General Hospital (MGH). Des essais initiaux ont porté sur des cas individuels, dont un examen d'une patiente présentant un kyste mammaire, avec des reconstructions 3D fidèles rapportées. Des essais cliniques de plus grande ampleur sont en cours avec le MGH et le centre clinique du MIT afin d'évaluer la reproductibilité et la performance diagnostique à plus vaste échelle.
Le développement pour aboutir à une mise sur le marché implique une miniaturisation supplémentaire et des validations réglementaires. L'équipe travaillerait également à la création d'une jeune entreprise pour porter la commercialisation, soutenue par des fonds internes au MIT.
Aspects éthiques, réglementaires et pratiques
Rendre l'échographie plus accessible pose des questions pratiques et éthiques qu'il faudra aborder avant un déploiement large. Parmi celles‑ci : la formation des utilisateurs non spécialistes, la qualité et la robustesse des images en dehors d'un environnement médical contrôlé, la protection des données si la solution se connecte à des smartphones, et l'intégration des résultats dans les parcours de soins existants. La conformité aux exigences réglementaires pour les dispositifs médicaux demeure une étape clé avant toute commercialisation.
Ce qui reste à confirmer
Plusieurs points importants demandent encore validation : la sensibilité et la spécificité du système par rapport aux équipements conventionnels, la performance sur des populations variées, le calendrier et le coût final du produit commercial, ainsi que la faisabilité d'un capteur réellement porté pour un usage domestique. De même, l'efficacité des fonctions d'aide par algorithme pour des utilisateurs non formés devra être démontrée dans des essais cliniques adaptés.
À retenir
- Le MIT a développé « cDAQ », un système d'échographie mammaire 3D ultra‑compact, composé d'une sonde petite comme un jeu de cartes et d'un module de traitement d'environ la taille d'un smartphone.
- Le coût matériel annoncé pour le module principal est d'environ 300 $, et l'appareil peut fonctionner sur une alimentation 5 V, avec imagerie jusqu'à ~15 cm de profondeur.
- Le dispositif vise à compléter la mammographie pour réduire les cancers non détectés entre deux examens et à améliorer l'accès à l'imagerie en dehors des hôpitaux.
- Des essais cliniques plus larges sont en cours avec le MGH ; la miniaturisation et l'intégration d'une application d'aide sont en développement.
- Des validations cliniques, des autorisations réglementaires et des réponses aux questions de formation et de protection des données restent nécessaires avant un déploiement à grande échelle.
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