Le rapport Tech Trends 2026 de HCLSoftware, fondé sur des entretiens avec 173 CXO, montre que les agents d’IA ont franchi un seuil : ils ne sont plus seulement des expérimentations, mais des composants actifs des opérations. L’adoption est large, tandis que les mécanismes de contrôle restent en retard.

Un état des lieux marqué par une adoption rapide

Selon l’étude, 8 entreprises sur 10 exploitent déjà des systèmes d’IA en production et 85 % pilotent ou opèrent des agents autonomes capables d’agir, au-delà de simples recommandations. L’autonomie s’étend sur de nombreuses couches technologiques : plus de 92 % des organisations associent robotique, cloud et systèmes cognitifs, et plus de 70 % utilisent l’informatique immersive et spatiale dans des workflows réels plutôt que pour de simples démonstrations.

Parallèlement, 84 % des répondants s’attendent à la généralisation, dans les 18 prochains mois, de plateformes low‑code/no‑code pilotées par l’IA, ce qui devrait accélérer l’automatisation de la création logicielle et abaisser la barrière d’entrée pour concevoir des processus automatisés. HCLSoftware propose, dans ce contexte, une architecture visant à relier expérience, données et opérations en un modèle opérationnel intelligent unique (XDO).

Gouvernance et sécurité : des garde‑fous insuffisants

Malgré la montée en charge des agents autonomes, le rapport met en évidence un décalage important entre déploiement et gouvernance. Seules 26 % des entreprises déclarent disposer de cadres de gouvernance clairs pour contrôler le comportement de ces systèmes. Un tiers des organisations classe la cybersécurité, la confiance et la transparence parmi leurs priorités urgentes, et 79 % indiquent que des démarches d’IA responsable sont déjà engagées.

Ce constat pose deux enjeux concrets pour les entreprises : comment maintenir vitesse et innovation tout en évitant des risques opérationnels, réglementaires ou réputationnels ; et comment concevoir des règles et des outils de supervision adaptés à des systèmes qui prennent des décisions et exécutent des actions de façon autonome.

Ce que cela change pour l’entreprise et pour les métiers

  • Transformation des rôles : les humains devraient se concentrer davantage sur la supervision, la conception des flux et la gestion des exceptions, plutôt que sur l’exécution routinière.
  • Réingénierie des processus : l’organisation devra être redessinée pour permettre aux systèmes de décider, s’adapter et opérer de manière coordonnée, tout en conservant des points de contrôle humains.
  • Accélération du développement : la montée du low‑code/no‑code piloté par l’IA peut démocratiser la création d’applications, mais elle oblige à intégrer des mécanismes de contrôle destinés aux non‑spécialistes.

Kalyan Kumar, directeur produit chez HCLSoftware, résume la bascule telle que perçue par le rapport : les 24–36 prochains mois appartiendront aux acteurs capables de transformer l’intelligence en un modèle opérationnel vivant, autonome par défaut, résilient à grande échelle et souverain par conception. Cette formulation insiste sur la nécessité d’intégrer l’autonomie dès la conception et de penser la souveraineté des données et des décisions.

Ce qui reste à confirmer

Le rapport fournit des tendances fortes, mais plusieurs points demandent des précisions complémentaires :

  • La représentativité : l’enquête s’appuie sur 173 entretiens avec des CXO ; il peut donc exister des variations sectorielles ou régionales non détaillées.
  • La nature exacte des cadres de gouvernance : le seul pourcentage ne fournit pas d’information sur la qualité, l’étendue ou l’efficacité des règles en place.
  • Les implications opérationnelles à long terme : les effets sur l’emploi, la responsabilité juridique et la conformité réglementaire dépendront des choix d’implémentation et d’évolution des normes.

À retenir

  • 85 % des entreprises pilotent ou testent des agents autonomes ; l’autonomie est devenue un élément central des opérations.
  • L’adoption touche de nombreux domaines technologiques, du robotique au spatial en passant par le low‑code/no‑code.
  • Seules 26 % des organisations disposent de cadres de gouvernance clairs, révélant un décalage entre usage et contrôle.
  • La priorité est désormais de concilier vitesse d’adoption et renforcement des garde‑fous en matière de sécurité, de confiance et de transparence.
  • Plusieurs aspects restent à confirmer, notamment la représentativité des résultats et la nature précise des mécanismes de gouvernance.

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