Jamie Siminoff, fondateur de Ring, est revenu à la tête de la société qu’il avait vendue à Amazon, motivé par les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et par l’incendie qui a détruit le garage où Ring est né. L’entreprise présente désormais des fonctions visant à transformer la sonnette vidéo en un « assistant intelligent » pour la maison, depuis des alertes incendie jusqu’à la reconnaissance de visages et la recherche d’animaux perdus. Ces nouveautés offrent des services concrets, mais relancent aussi le débat sur la protection des données et l’usage des images par des acteurs publics et privés.

Ce que proposent les nouvelles fonctions

À l’approche du Consumer Electronics Show à Las Vegas, Ring a déployé plusieurs fonctionnalités basées sur l’intelligence artificielle. Parmi elles :

  • Fire Watch : une option, développée en partenariat avec Watch Duty, permettant aux utilisateurs d’autoriser le partage d’images lors d’événements d’incendie majeurs. Ces images seraient analysées pour détecter fumée, flammes ou braises et contribuer à dresser des cartes de propagation.
  • Search Party : un outil destiné à retrouver des animaux perdus en comparant une photo fournie avec des images issues des caméras Ring. Le service aurait déjà permis de réunir une famille par jour avec son chien, selon le fondateur.
  • Familiar Faces : une fonction de reconnaissance faciale qui identifie et stocke les visages réguliers du domicile, avec la possibilité d’associer des noms afin de réduire les alertes inutiles.
  • d’autres fonctions d’alerte, comme la détection d’« événements inhabituels », et un assistant conversationnel alimenté par l’intelligence artificielle pour simplifier les interactions.

Quels bénéfices pour les utilisateurs ?

Dans la pratique, ces fonctions visent à diminuer la « charge cognitive » des occupants du domicile : notifications plus pertinentes, automatisation de tâches de surveillance et services de recherche qui répondent à des besoins concrets, comme la localisation d’un animal perdu. Fire Watch illustre un usage public utile : en agrégeant, avec consentement, des images lors d’incendies majeurs, il pourrait théoriquement aider les secours à mieux cibler leurs interventions.

Les risques et les points de tension

Ces avancées technologiques entraînent des interrogations fortes autour de la vie privée et du contrôle des données. Plusieurs éléments alimentent ce débat :

  • la capacité de stockage et l’accumulation d’images privées qui pourraient constituer des bases de données massives ;
  • les collaborations avec des fournisseurs d’outils pour les forces de l’ordre, notamment Flock Safety et Axon, qui réintroduisent des mécanismes de requête d’images par des agences ;
  • les craintes soulevées par des organisations de défense des libertés et certains élus à propos de la reconnaissance faciale.

Jamie Siminoff défend les choix de l’entreprise en s’appuyant sur le principe du consentement des utilisateurs et en citant des cas où des images privées ont aidé des enquêtes, comme lors d’une fusillade sur le campus de Brown University. Selon lui, le modèle permettrait aux personnes concernées de décider si elles souhaitent partager des images lorsqu’une alerte est envoyée par une agence, et ce de manière anonyme si elles déclinent la demande.

Ce qui reste à confirmer

Plusieurs points essentiels demeurent imprécis ou dépendront de la mise en œuvre concrète et des cadres réglementaires : la durée de conservation des images partagées, les garanties techniques contre les usages détournés, les conditions exactes d’accès des forces de l’ordre via des tiers et les mécanismes de transparence et d’audit. L’efficacité réelle à long terme des outils reposant sur des bases opt‑in et la capacité à maintenir la confiance des utilisateurs resteront aussi à observer.

À retenir

  • Ring évolue d’une sonnette vidéo vers un « assistant intelligent » centré sur l’intelligence artificielle et la maison connectée.
  • Des fonctions comme Fire Watch et Search Party apportent des services concrets, mais impliquent le partage et l’analyse d’images.
  • Les partenariats avec des fournisseurs pour les forces de l’ordre relancent le débat sur le rôle des entreprises privées dans la surveillance.
  • La confiance des utilisateurs dépendra de la transparence, des garanties de protection des données et d’un encadrement réglementaire clair.

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