Lors d’un sommet à Hangzhou, Cicy Zhang, vice‑présidente de BrainCo, a présenté des interfaces cerveau‑machine non invasives déjà opérationnelles. Là où certains annoncent des implants chirurgicaux et des visions futuristes, BrainCo avance une stratégie pragmatique : des dispositifs portables pilotant des prothèses et des thérapies numériques, pensés pour être sûrs et rapidement déployables.
Contexte et technologie
Fondée à proximité de Harvard et du MIT, BrainCo a développé une manchette équipée de capteurs EMG qui lit les signaux musculaires à la surface de la peau pour commander une main bionique. Issue d’un projet né d’une tragédie personnelle (l’amputation d’un collègue) la solution vise à restituer non seulement la forme mais la maîtrise du geste. La latence annoncée est de 0,38 seconde, et les démonstrations publiques ont montré des usages fins : calligraphie, interprétations au piano et même le contrôle d’une main détachée depuis une vingtaine de mètres, indiquant une restitution précise de l’intention motrice.
Un modèle économique orienté accessibilité
Au‑delà de la performance technique, l’originalité de BrainCo tient à son modèle pour réduire le coût d’accès. L’entreprise combine fabrication et partenariats philanthropiques : des entreprises financent le matériel pour des bénéficiaires. Citée sur scène, une contribution de Leapmotor a permis de fournir des prothèses à une centaine de personnes pour un montant rapporté lors de la présentation. Selon les chiffres présentés, BrainCo a aidé 6 000 personnes en 2023 et vise 30 000 bénéficiaires à court terme.
Cette approche a pour objectif de dissocier le coût du matériel de l’accès effectif à la technologie, en misant sur la non‑invasivité pour faciliter la montée en échelle et l’adoption clinique et sociale.
Intégration robotique et thérapies numériques
Les capteurs et les mains développés pour des usages humains trouvent aussi des débouchés industriels. BrainCo collabore avec des fabricants de robots humanoïdes qui remplacent des pinces mécaniques par des préhenseurs plus « human‑centric », capables d’opérations délicates. Cette convergence illustre comment une solution conçue pour restaurer une capacité humaine peut améliorer la dextérité des machines.
Parallèlement, la société développe des dispositifs non physiques : bandeaux EEG destinés à entraîner des compétences sociales chez des personnes autistes et des dispositifs de stimulation crânienne rapportés comme réduisant notablement le temps d’endormissement. Lors de la présentation, des données cliniques ont été évoquées, montrant une réduction du délai d’endormissement pour une large proportion d’utilisateurs selon les essais présentés.
Ce que cela change pour nous
- Une alternative non invasive ouvre la voie à un déploiement plus large et plus rapide que les approches implantables, en réduisant certains risques médicaux.
- Le modèle de financement par dons d’entreprises peut accélérer l’accès dans des contextes où le coût matériel empêche l’adoption.
- L’intégration de mains plus naturelles aux robots pose des questions nouvelles sur les usages industriels et sur la manière dont la robotique va prendre en charge des tâches fines aujourd’hui dévolues aux mains humaines.
Ce qui reste à confirmer
Les éléments présentés lors du sommet montrent des progrès tangibles, mais plusieurs points demandent une validation indépendante et un suivi :
- la reproductibilité et la pérennité des performances annoncées en conditions quotidiennes ;
- l’évaluation réglementaire et la sécurité à long terme des dispositifs de stimulation crânienne ;
- les modalités exactes de financement et de maintenance à grande échelle pour atteindre les objectifs annoncés par l’entreprise.
À retenir
- BrainCo promeut des interfaces cerveau‑machine non invasives, centrées sur des manchettes EMG et des bandeaux EEG.
- La main bionique controlée par EMG affiche une latence annoncée de 0,38 s et des démonstrations de dextérité fine.
- Un modèle de financement par dons vise à rendre les prothèses accessibles ; 6 000 personnes aidées en 2023, objectif 30 000.
- La technologie alimente aussi la robotique et des thérapies digitales pour le sommeil et l’autisme, avec des résultats cliniques présentés.
- Des vérifications indépendantes et des précisions sur la réglementation et la durabilité des bénéfices restent nécessaires.
Article amélioré avec l'IA - Article original