Le 4 décembre 2025, le ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) a présenté une stratégie ambitieuse visant à généraliser l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de ses services, de la recherche et de la santé publique. L’initiative, portée par le responsable IA par intérim Clark Minor et saluée par le vice‑secrétaire Jim O'Neill, se veut une feuille de route pour améliorer l’efficacité, favoriser l’innovation et, in fine, améliorer les résultats pour les patients.

Une stratégie structurée autour de cinq piliers

Le HHS organise sa démarche autour de cinq axes principaux destinés à encadrer et piloter le déploiement de l’IA au sein du secteur public fédéral :

  • gouvernance et gestion des risques, pour renforcer la confiance du public et encadrer l’usage des technologies ;
  • conception d’infrastructures et de plateformes adaptées aux besoins des utilisateurs, afin de soutenir des usages variés et interopérables ;
  • développement des compétences et réduction de la charge administrative du personnel, pour que l’IA renforce les équipes sans augmenter les contraintes ;
  • promotion d’une science robuste et reproductible, visant à favoriser des recherches fiables et transparentes ;
  • modernisation de la prestation des soins et de la santé publique, pour améliorer l’accès, la qualité et la rapidité des interventions.

Selon le ministère, ces piliers forment la base d’un effort coordonné pour tirer parti de l’IA tout en limitant ses risques opérationnels et éthiques.

OneHHS : fédérer les agences pour une infrastructure commune

La nouveauté majeure de la stratégie est l’approche dite « OneHHS », qui réunit les différentes agences du département (parmi lesquelles les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Centre des services Medicare et Medicaid (CMS), la Food and Drug Administration (FDA) et les National Institutes of Health (NIH)) autour d’une infrastructure IA partagée. L’objectif annoncé est de simplifier les flux d’information, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la cybersécurité au niveau du département.

Cette mutualisation vise aussi à réduire les redondances et à accélérer la diffusion des outils validés, notamment pour la recherche et la surveillance sanitaire.

Soutien politique et coopération avec le secteur privé

La feuille de route est présentée comme une première étape, axée prioritairement sur l’amélioration des opérations internes et l’usage fédéral de l’IA, conformément aux directives de l’exécutif et du Bureau de gestion et du budget (OMB). Elle a reçu des marques d’appui au-delà des clivages politiques : des parlementaires ont salué la transparence et l’accent porté sur la gestion des risques. Des responsables cités par le ministère ont notamment encouragé l’approche prudente et centrée sur la confiance du public.

Le HHS prévoit par ailleurs d’engager des partenariats avec des acteurs privés pour développer des solutions co‑conçues, l’idée étant de combiner ressources publiques et capacités industrielles pour maximiser l’impact de l’IA sur la santé des citoyens.

Ce que cela change pour nous

Si les mesures annoncées sont mises en œuvre, elles pourraient se traduire par :

  • des services publics plus efficaces, notamment via l’automatisation de tâches administratives ;
  • une recherche mieux coordonnée et plus reproductible grâce à des plateformes communes ;
  • des dispositifs de surveillance et d’intervention en santé publique potentiellement plus rapides et précis ;
  • un renforcement des exigences en matière de gouvernance et de cybersécurité autour des données de santé.

Ce qui reste à confirmer

La communication du HHS précise qu’il s’agit d’une première phase axée sur l’usage interne et fédéral. Plusieurs éléments concrets restent toutefois à préciser : le calendrier de déploiement, les moyens budgétaires alloués, les modalités précises de coopération public‑privé et les critères d’évaluation des outils IA. L’impact réel sur les patients et les professionnels dépendra de ces décisions opérationnelles et réglementaires.

À retenir

  • Le HHS a publié le 4 décembre 2025 une stratégie IA structurée autour de cinq piliers visant à intégrer l’IA dans ses activités.
  • L’approche « OneHHS » propose une infrastructure IA commune aux agences du département pour harmoniser pratiques et cybersécurité.
  • La démarche se présente comme une première étape interne, conforme aux directives de l’administration et de l’OMB.
  • Le plan a reçu des soutiens parlementaires et prévoit des collaborations avec le secteur privé pour développer des solutions co‑conçues.
  • Des incertitudes demeurent sur le calendrier, le financement et les modalités précises de mise en œuvre.

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