Une étude conjointe de l'OCDE et de Cisco, publiée début décembre sous l'égide du «Digital Well‑being Hub», dresse un panorama des effets bénéfiques et des risques associés aux technologies numériques et à l'IA sur la vie quotidienne. Les données recueillies dans quatorze pays mettent en lumière des différences nettes entre régions et générations, ainsi que des liens entre temps d'écran et bien‑être subjectif.

Contexte et méthodes

Les résultats s'appuient sur un sondage réalisé avec le respect des bonnes pratiques de l'OCDE en matière de comparabilité et de représentativité. Au total, 14 611 personnes ont répondu aux vingt questions du «Digital Well‑being Poll» et aux rubriques démographiques. Chaque pays disposait d'un échantillon d'environ 1 000 répondants, l'Inde en comptant 1 500. Les pays concernés incluent notamment l'Australie, le Brésil, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Inde, l'Italie, le Japon, la Corée, le Mexique, les Pays‑Bas, l'Afrique du Sud, le Royaume‑Uni et les États‑Unis.

Principaux enseignements

  • Les moins de 35 ans consomment davantage de contenus numériques et montrent un usage et une confiance plus marqués envers l'IA que les autres tranches d'âge. Cette dynamique est particulièrement visible dans certains pays émergents : Inde, Brésil, Mexique et Afrique du Sud.
  • Les répondants dans ces mêmes pays émergents déclarent des temps d'écran de loisir particulièrement longs et une dépendance plus forte aux canaux numériques pour les interactions sociales. Ils rapportent aussi des variations émotionnelles plus intenses liées à l'usage des technologies.
  • En Europe, la confiance dans l'IA apparaît plus faible et les réponses traduisent davantage d'incertitude ou de réserve.
  • Le sondage met en évidence une corrélation entre plus de cinq heures quotidiennes d'écran de loisir et une diminution du bien‑être subjectif. La Corée ressort comme le pays où la «fatigue d'écran» est la plus élevée relative aux autres pays étudiés.
  • Les personnes de plus de 45 ans utilisent moins l'IA et celles de plus de 55 ans mentionnent fréquemment une faible familiarité, attribuée au manque d'expérience plutôt qu'à un rejet explicite de la technologie.

Enjeux pour les politiques publiques et les entreprises

Cisco rappelle que réduire la fracture numérique ne se limite pas à la diffusion d'outils. L'adoption responsable de l'IA nécessiterait des garanties en matière de transparence, d'équité et de protection de la vie privée. L'entreprise met en avant plusieurs programmes visant à développer des compétences inclusives, parmi lesquels la Cisco Networking Academy et des initiatives de soutien à la transformation numérique des États («Country Digital Acceleration»). Cisco indique également qu'environ 26 000 de ses collaborateurs ont suivi une formation sur l'IA et qu'elle est engagée dans un «AI Workforce Consortium» pour promouvoir les talents nécessaires à l'usage de ces technologies.

Ce que cela change pour nous

Pour les citoyens, ces résultats soulignent l'importance d'une littératie numérique élargie : savoir comment fonctionnent les outils, leurs limites et les risques potentiels peut atténuer l'incertitude, en particulier chez les populations plus âgées. Pour les employeurs et les décideurs, l'étude invite à coupler diffusion technologique et accompagnement : formations adaptées, règles claires sur la transparence des systèmes et dispositifs de protection des données peuvent favoriser une adoption qui améliore réellement la qualité de vie.

Les auteurs appellent gouvernements, entreprises et citoyens à renforcer la littératie numérique et à prioriser le bien‑être digital afin que l'IA profite à tous.

Ce qui reste à confirmer : les corrélations observées entre temps d'écran et bien‑être ne sauraient être interprétées comme des preuves d'une relation de cause à effet sans analyses complémentaires. De même, les données nationales et culturelles peuvent masquer des variations locales ; des études qualitatives seraient utiles pour approfondir les mécanismes en jeu.

À retenir

  • Les moins de 35 ans, particulièrement dans certains pays émergents, sont les principaux utilisateurs et défenseurs de l'IA.
  • Plus de cinq heures d'écran de loisir par jour est associé à une baisse du bien‑être subjectif ; la Corée signale un niveau élevé de fatigue d'écran.
  • Les populations de plus de 45 ans manifestent moins d'usage et plus d'incertitude ; le manque d'expérience est un frein pour les plus de 55 ans.
  • Combler la fracture numérique exige plus que des outils : transparence, équité et protection de la vie privée doivent guider l'adoption.
  • Formation et politiques publiques coordonnées sont recommandées pour faire de l'IA un vecteur d'amélioration du bien‑être pour tous.

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