Des chercheurs du MIT dirigés par le Dr Jeon Woong Kang présentent un capteur portable qui mesure la glycémie sans ponction, en exploitant la spectroscopie Raman dans le proche infrarouge. Le dispositif vise à fournir des lectures fréquentes et indolores, en réduisant la taille et le coût des équipements comparés aux solutions invasives actuelles.

Contexte et principe de la mesure

La spectroscopie Raman repose sur l’analyse de la diffusion de la lumière quand celle-ci interagit avec des molécules du tissu. Appliquée au proche infrarouge, elle permet d’extraire des signatures chimiques à partir de la peau. Un des principaux défis pour mesurer le glucose sans ponction est que son signal est très faible et masqué par d’autres composés présents dans les tissus.

L’équipe du MIT a résolu cet obstacle en modulant les angles d’illumination et de collecte de la lumière, et en ne mesurant que trois bandes clefs parmi environ mille possibles dans le spectre Raman. Cette sélection ciblée réduit le nombre de composants nécessaires, économise de l’espace et du temps de mesure, et autorise une miniaturisation importante du système.

Résultats cliniques préliminaires

Un essai clinique de quatre heures a été mené sur des volontaires sains. Durant l’étude, les participants ont consommé à deux reprises des boissons contenant 75 g de glucose, afin de provoquer des variations glycémiques importantes. Le dispositif a effectué des mesures en environ trente secondes et a fourni des valeurs toutes les cinq minutes.

Les lectures obtenues ont été jugées comparables, en précision, à celles de deux moniteurs invasifs commerciaux portés simultanément par les sujets. Les premiers prototypes étaient de la taille d’une boîte à chaussures ; une version réduite à la taille d’un téléphone est en cours de tests sur des volontaires sains et des personnes en prédiabète.

Limites et validations à venir

Plusieurs étapes restent nécessaires avant une diffusion large. L’équipe indique vouloir poursuivre la miniaturisation vers une taille semblable à celle d’une montre et effectuer des essais plus larges en milieu hospitalier l’an prochain, en collaboration avec l’industrie, dont la société coréenne Apollon.

Ce qui reste à confirmer : l’exactitude de la mesure chez des personnes atteintes de diabète sur de longues périodes ; la robustesse de la lecture face aux mouvements et aux changements physiologiques ; la fiabilité sur des tonalités de peau variées ; les exigences réglementaires et la reproductibilité à grande échelle.

Ce que cela change pour les patients et le marché

  • Possibilité d’une surveillance indolore et continue, sans aiguilles ni capteurs sous‑cutanés.
  • Réduction des contraintes liées au remplacement fréquent des capteurs invasifs et à la douleur associée aux piqûres.
  • Potentiel moindre coût et consommation réduite de composants grâce à la mesure ciblée de trois bandes Raman seulement.

Si les validations cliniques étendues confirment les résultats initiaux, cette technologie pourrait améliorer l’adhésion au suivi glycémique et rendre la surveillance plus accessible. Néanmoins, son adoption dépendra des confirmations cliniques, des procédures d’homologation et des adaptations aux conditions réelles d’usage.

À retenir

  • Le MIT développe un capteur Raman non invasif qui mesure la glycémie par proche infrarouge.
  • L’équipe a isolé le signal du glucose en modulant les angles optiques et en ne mesurant que trois bandes spectrales.
  • Essai de 4 heures sur volontaires sains : mesures toutes les 5 minutes en 30 secondes, précision comparable à deux moniteurs invasifs.
  • Prototype réduit à la taille d’un téléphone ; objectif final : montre‑connectée.
  • Des essais cliniques plus larges et des validations sur divers types de peau sont nécessaires avant toute mise sur le marché.

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