La ville de Séoul met en place un dispositif combinant intelligence artificielle et engagement citoyen pour renforcer la prévention du suicide. L’objectif annoncé est d’abaisser la barrière d’accès au soutien, d’apporter une écoute empathique pré-thérapeutique et d’orienter rapidement vers des intervenants professionnels lorsque la situation l’exige.

Contexte et objectifs

Séoul, en Corée du Sud, affiche des taux de suicide parmi les plus bas du pays : 24,1 décès pour 100 000 habitants et un taux standardisé à 20,0, selon les données citées par la ville. Dans le même temps, la Corée du Sud présente un taux national plus élevé, qui place la prévention du suicide au rang des enjeux de santé publique. La municipalité vise à consolider un « 3 étages » de réponse : un assistant conversationnel pour faciliter l’entrée en contact, des conseillers citoyens pour l’écoute et la validation émotionnelle, et des professionnels pour les cas sévères nécessitant une intervention urgente.

Comment fonctionne le nouveau dispositif

Le premier niveau repose sur un assistant conversationnel baptisé « Ma-eumi », accessible sans inscription sur le site du centre de prévention du suicide de la ville. Conçu sur la base du langage naturel, cet outil offre un accueil écrit et empathique, utile pour les personnes réticentes à parler au téléphone. Après trois à quatre échanges, l’assistant peut rediriger vers un chat en direct ou déclencher un appel téléphonique vers une prise en charge humaine.

Le second niveau introduit des « conseillers citoyens », des volontaires ayant vécu des expériences pertinentes (anciens professionnels du social, proches de personnes décédées par suicide, personnes ayant survécu à une tentative). Ces conseillers reçoivent une formation élargie (reposant sur le cursus existant) puis environ trois mois de pratique et de supervision avant d’être intégrés aux équipes de chat et de téléphone. Leur rôle est d’offrir une écoute et une validation pré-thérapeutiques pour apaiser des situations d’isolement, de perte ou de conflit relationnel.

Enjeux pratiques et limites

La logique affichée est d’optimiser l’allocation des ressources : l’assistant conversationnel abaisse la barrière d’entrée et gère des demandes courantes ; les conseillers citoyens apportent une présence empathique pour des difficultés non médicales ; les professionnels concentrent leur temps sur les cas à risque élevé. Selon la ville, ce maillage doit permettre une réponse plus rapide et mieux adaptée à la diversité des besoins.

  • Accessibilité : le service en ligne sans inscription facilite l’entrée en contact à toute heure.
  • Tri et escalade : le couplage automatique vers chat ou appel vise à fluidifier le passage vers une aide humaine.
  • Complémentarité : la présence de bénévoles formés permet de pallier les limites en effectifs professionnels.

Cependant, ce type d’architecture soulève des questions importantes : protection des données personnelles et confidentialité des échanges, limites de l’évaluation automatisée des risques, risques de faux négatifs ou d’escalades tardives, et inégalités d’accès pour les personnes non familières des outils numériques. La supervision humaine, la formation continue des conseillers et des protocoles clairs d’escalade sont des éléments indispensables pour atténuer ces risques.

Impact attendu

La municipalité estime que la combinaison d’un assistant conversationnel et de conseillers citoyens permettra aux spécialistes de se concentrer sur les situations critiques, tout en assurant une réponse rapide à un plus grand nombre d’appels et de messages. À terme, le dispositif devrait améliorer la couverture du service 24 h/24 et réduire les ruptures de prise en charge entre soutien initial et intervention professionnelle.

Ce qui reste à confirmer

Plusieurs éléments demandent des évaluations complémentaires : l’efficacité réelle du chatbot dans la détection précoce des situations à risque, l’impact mesurable de l’intervention des conseillers citoyens sur la trajectoire de soins, ainsi que les garanties opérationnelles et juridiques relatives à la gestion des données et au déclenchement d’interventions d’urgence. Des évaluations indépendantes et des retours d’expérience seront nécessaires pour vérifier les bénéfices et ajuster le dispositif.

À retenir

  • Séoul déploie un assistant conversationnel « Ma-eumi » et recrute des conseillers citoyens pour renforcer la prévention du suicide.
  • Le système combine accueil automatisé, écoute vivante et intervention professionnelle pour fluidifier les parcours d’aide.
  • Le dispositif vise à améliorer l’accès 24 h/24 et à concentrer les professionnels sur les cas sévères.
  • Des enjeux de confidentialité, d’évaluation des risques et d’équidistribution d’accès restent à clarifier.
  • Des évaluations et un suivi permettront d’ajuster les protocoles et la formation des intervenants.

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