Le 30 janvier, le président Lee a présidé une réunion stratégique réunissant des experts privés, quarante entrepreneurs et huit ministères pour lancer ce que le gouvernement qualifie de « stratégie pour l’ère nationale de la création d’entreprise ». L’exécutif annonce que l’entrepreneuriat cesse d’être une simple option individuelle pour devenir une mission d’État, afin d’étendre la dynamique de croissance au‑delà des grands groupes, de la capitale et des générations déjà établies, notamment à l’heure de l’intelligence artificielle.
Un cadrage politique et quatre axes
Le gouvernement sud‑coréen a présenté quatre axes de sa stratégie : « tous entrepreneurs », « tech », « local » et « écosystème ». L’idée centrale est d’encourager la participation de « tout un chacun » et de corriger, selon l’exécutif, le risque que le marché seul pérennise une croissance concentrée.
L’axe « tous entrepreneurs » a été détaillé comme un programme national en quatre étapes visant à détecter, financer et accompagner des porteurs d’idées depuis la phase d’émergence jusqu’à l’internationalisation et la relance après un échec.
Le plan en quatre étapes
- Repérage initial : 5 000 porteurs d’idées seront identifiés à l’échelle nationale ; chaque personne retenue recevrait une aide sans condition de 2 millions de wons pour soutenir l’activité entrepreneuriale.
- Auditions régionales : 1 000 candidats seraient sélectionnés pour des auditions locales ; des aides à la commercialisation allant jusqu’à 20 millions de wons seraient attribuées aux projets retenus.
- Soutien aux « rookies » et visibilité : 100 projets qualifiés comme « startup rookies » pourraient bénéficier d’un soutien supplémentaire pouvant atteindre 100 millions de wons. Le dispositif prévoit en outre l’organisation d’un festival mondial et d’un concours télévisé ouvert au public ; le lauréat obtiendrait plus d’un milliard de wons en prix et investissements combinés.
- Accompagnement de la croissance et re‑lancement : un fonds de 50 milliards de wons est annoncé pour faciliter les investissements ultérieurs. Le plan inclut aussi des mesures pratiques : achats publics, participation à des salons internationaux et mise en relation avec cent entreprises identifiées comme demandeuses.
Mesures complémentaires et logique de re‑prise
Le gouvernement entend faire de l’échec un actif. Deux instruments seront délivrés aux participants : un « CV de défi » et un « CV d’échec », destinés à attester d’une expérience entrepreneuriale et à valoriser les parcours non linéaires. Une plateforme de relancement devrait être créée pour faciliter la remise en jeu après un échec.
Parmi les autres mesures citées figurent la création de villes technologiques, des assouplissements réglementaires, l’ouverture des données publiques et le soutien à la formation entrepreneuriale. Le tout est présenté comme la volonté de partager le risque entre l’État et les individus.
Enjeux, impacts et limites
Sur le plan économique, le plan vise à diversifier les moteurs de croissance vers les petites et moyennes entreprises et les territoires régionaux, tout en favorisant des projets technologiques à l’ère de l’IA. Pour les porteurs d’idées, la logique est d’abaisser le seuil d’entrée et d’assurer une continuité d’accompagnement. Pour les collectivités locales et les PME, les mesures pourraient apporter de nouvelles ressources et des débouchés.
Cependant, plusieurs points demeurent à préciser, notamment les critères de sélection, la gouvernance des fonds annoncés et l’articulation concrète entre soutien public et acteurs privés. La portée réelle de la mise en visibilité médiatique et les modalités d’intégration des lauréats au marché restent également à confirmer.
Ce qui reste à confirmer
- Calendrier détaillé de mise en œuvre des quatre étapes et des autres volets.
- Critères précis de sélection des 5 000 puis des 1 000 et des 100 projets.
- Mécanismes de gouvernance et de contrôle du fonds de 50 milliards de wons.
- Modalités et portée effective de la plateforme de relancement et des « CV d’échec ».
À retenir
- La Corée du Sud positionne la création d’entreprise comme une mission d’État afin d’élargir la dynamique de croissance.
- Un plan national en quatre étapes vise à repérer 5 000 porteurs, soutenir 1 000 projets, accompagner 100 « rookies » et financer la phase de croissance.
- Des outils pour valoriser l’échec et favoriser la remise en jeu sont prévus : CV spécifiques et plateforme de relance.
- Des mesures annexes incluent villes technologiques, assouplissement réglementaire, ouverture des données et formation.
- Plusieurs aspects pratiques et le calendrier restent à confirmer pour évaluer l’efficacité du dispositif.
Article amélioré avec l'IA - Article original