Fondée en 2019 après une décennie en comptabilité, EATABLE est passée d’un passe‑temps culinaire à une marque de popcorn gourmet distribuée en ligne et dans 1 600 détaillants au Canada et aux États‑Unis. Face à la croissance et à des ressources limitées, la cofondatrice Charlene Li a bâti une stratégie de recrutement centrée sur les étudiants, en s’appuyant notamment sur le programme WIL Digital de l’ICTC pour subventionner les salaires et créer un « pipeline » vers des postes permanents.

Genèse de la marque et premières étapes

EATABLE est née d’un loisir partagé en couple et d’expérimentations de recettes : trois parfums initiaux (Pop the Champagne, Whisky on the Pops et Poppin’ Merlot PB&J) ont servi de tremplin lors d’un lancement sur Shopify. Après une victoire dans un incubateur alimentaire à Boston, l’équipe a affiné ses recettes avec l’aide de chefs formés à Paris, loué du temps de cuisine et investi des efforts importants en production artisanale. La marque a ensuite conclu des partenariats médiatiques notables avec des acteurs comme Netflix, Disney et les Oscars.

Le recours aux étudiants comme levier de croissance

Confrontée à la nécessité de grandir sans alourdir sa masse salariale, Charlene Li a progressivement transformé l’embauche d’étudiants en une stratégie structurée plutôt qu’en une simple source de main‑d’œuvre bon marché. Les postes d’entrée proposés sont principalement axés sur les médias sociaux et le service client, afin que les stagiaires appréhendent à la fois le produit et la clientèle. Selon Li, cette approche apporte « un rythme de réflexion et une aisance technologique » qui accélèrent l’exécution des projets.

Le parcours proposé est évolutif : les étudiants performants se voient confier d’autres responsabilités en fonction de leurs compétences et de leurs aspirations. Un cas concret cité est celui d’un ancien stagiaire passé du service client à la gestion d’un projet de partenariat avec Netflix : il a assisté la direction sur des réunions clients, participé au développement de recettes et contribué au design d’emballages pour une promotion, tandis que la marque fournissait du popcorn à une opération de cadeaux.

Le rôle du programme WIL Digital de l’ICTC

Pour rendre ces recrutements soutenables, EATABLE a eu recours au programme WIL Digital, géré par l’Information and Communications Technology Council (ICTC). Cette initiative subventionne une partie du salaire des étudiants : jusqu’à 50 % de la rémunération, plafonnée à 5 000 $ par stagiaire, ou jusqu’à 70 % (plafond 7 000 $) pour les personnes issues de groupes sous‑représentés. Le programme fonctionne sur trois périodes annuelles (hiver, printemps/été, automne) et existe depuis 2017.

Depuis son lancement, WIL Digital aurait facilité plus de 23 000 placements et mobilisé plus de 4 000 employeurs au Canada, avec une forte représentation d’étudiants issus de groupes sous‑représentés. Pour EATABLE, l’aide financière a permis d’embaucher quatre stagiaires via ce dispositif en deux ans, dont deux ont été proposés en poste rémunéré au terme de leur stage.

Ce que cela change pour les petites entreprises

  • Accès à un vivier de compétences numériques et agiles sans charges salariales immédiates trop lourdes.
  • Possibilité de former des collaborateurs directement aux enjeux produit et clientèle, via des missions concrètes et du mentorat.
  • Potentiel de diversification des talents recrutés, notamment grâce aux incitations du programme pour les groupes sous‑représentés.

Charlene Li insiste sur un principe simple : traiter les étudiants « comme de futurs leaders », en leur confiant de vraies responsabilités et en assurant un encadrement direct. Selon elle, cet investissement relationnel peut générer un retour significatif pour l’entreprise.

Ce qui reste à confirmer

Les éléments fournis décrivent le modèle et quelques résultats concrets chez EATABLE, mais ne permettent pas d’évaluer de façon exhaustive la durabilité financière de la stratégie à plus grande échelle ni le taux de conversion moyen des stages en emplois à long terme pour d’autres entreprises. De même, l’impact exact sur la productivité et les économies générées n’est pas quantifié au‑delà des exemples rapportés.

À retenir

  • EATABLE a utilisé le recrutement étudiant pour accompagner sa croissance tout en maîtrisant ses coûts.
  • Le programme WIL Digital de l’ICTC offre des subventions salariales (jusqu’à 50 % ou 70 % pour les groupes sous‑représentés) facilitant ces recrutements.
  • Commencer les stagiaires en médias sociaux ou service client permet de leur donner une vision produit‑client avant de diversifier leurs missions.
  • L’encadrement et la confiance accordée aux étudiants favorisent leur montée en compétence et peuvent aboutir à des embauches durables.
  • Des précisions restent nécessaires pour mesurer l’effet à long terme et la reproductibilité du modèle dans d’autres petites entreprises.

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