Alors que l’intelligence artificielle est présentée avant tout comme un levier de productivité et d’efficacité, elle porte aussi une responsabilité sociale : ne pas reproduire, voire creuser, les inégalités. Smruthi Nadig rappelle que les systèmes d’IA reflètent les données qui les nourrissent ; ce que l’on choisit d’inclure ou d’exclure conditionne qui bénéficiera des avancées technologiques.

Pourquoi l’inclusion est un enjeu pour l’IA

L’IA n’est pas neutre. Lorsqu’un modèle est entraîné sur des données partielles ou biaisées, ses décisions et ses produits dérivés risquent d’exclure des groupes entiers. Nadig souligne qu’un design centré sur l’accessibilité résout fréquemment des problèmes plus larges : « ce n’est pas de la charité, c’est de l’ingénierie ». Autrement dit, penser l’accessibilité dès la conception peut améliorer l’expérience pour tous les utilisateurs, pas seulement pour les personnes en situation de handicap.

Obstacles actuels et un exemple chiffré

Même dans des écosystèmes technologiques dynamiques, des fractures structurelles persistent. Le cas de l’Inde est cité comme illustration : d’après le PwD Inclusion Index 2025 de la société Marching Sheep, repris par l’Economic Times, les personnes en situation de handicap représenteraient moins de 1 % des effectifs en entreprise. Ce chiffre pointe des barrières d’accès à l’emploi et à l’innovation, et signale que les bénéfices de la révolution numérique peuvent rester concentrés si rien n’est fait pour corriger ces déséquilibres.

Que transformer dans la pratique ?

Construire une « économie IA » réellement inclusive demande des ajustements concrets à plusieurs niveaux :

  • Repenser les jeux de données pour garantir la présence de populations variées et éviter les biais d’exclusion.
  • Intégrer l’accessibilité dans le design produit plutôt que comme une option a posteriori, afin que les technologies d’assistance soient pleinement compatibles.
  • Adopter des pratiques RH et des politiques d’embauche réellement inclusives, pour augmenter la représentation des personnes en situation de handicap dans les équipes techniques et décisionnelles.
  • Soutenir des incubateurs et des structures dédiés qui accompagnent les projets portés par ou pour des personnes marginalisées.
  • Mettre en place des politiques publiques incitatives, coordonnées avec le monde académique et les entreprises, pour mesurer les progrès et lever les obstacles réglementaires ou infrastructurels.

Impact possible : ce que cela change pour nous

Lorsque l’accessibilité est conçue comme une exigence d’ingénierie, les bénéfices sont multiples. Les produits deviennent plus robustes, les marchés se diversifient et les talents jusque-là exclus peuvent contribuer à l’innovation. Sans une stratégie délibérée d’inclusion, les initiatives, événements et startups qui animent la scène technologique indienne risquent de profiter principalement à des groupes déjà favorisés. À l’inverse, une démarche proactive pourrait élargir la base d’utilisateurs et renforcer la résilience des solutions développées.

Ce qui reste à confirmer

Les éléments fournis exposent des constats et des propositions générales, ainsi qu’un indicateur chiffré ponctuel pour l’Inde. Plusieurs points demanderaient des précisions et des sources supplémentaires pour être pleinement évalués : l’efficacité précise des dispositifs d’accompagnement proposés, l’évolution temporelle des taux d’emploi des personnes en situation de handicap, et les résultats concrets d’initiatives d’accessibilité mises en œuvre dans des entreprises spécifiques.

À retenir

  • L’IA reflète les données qui la nourrissent : inclure, c’est décider qui profite de la technologie.
  • Un design centré sur l’accessibilité améliore souvent l’expérience pour tous et doit être pensé comme de l’ingénierie.
  • Des barrières structurelles subsistent, illustrées par un faible taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur privé indien.
  • Agir nécessite des changements dans les jeux de données, le design produit, les pratiques RH et les politiques publiques.
  • Sans mobilisation conjointe des entreprises, du monde académique et des pouvoirs publics, l’innovation risque de rester concentrée.

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