En décembre 2025, Google a déployé en Inde une fonction d’essayage virtuel qui permet à un utilisateur de téléverser une photo en pied et de voir des vêtements issus de milliards d’annonces se mapper de façon réaliste sur sa silhouette. Cette évolution, rendue possible par l’IA, prolonge une histoire technologique amorcée dès 2009 avec des expériences comme Webcam Social Shopper de Zugara, mais elle se distingue par l’échelle et le rendu visuel annoncés.
Contexte et promesses techniques
L’outil de Google repose sur des modèles capables d’adapter numériquement des vêtements provenant d’un vaste inventaire à une photo de l’utilisateur. La promesse est double : proposer une restitution visuelle plus fidèle que les tentatives antérieures et opérer à grande échelle grâce à l’accès à des milliards d’annonces. Pour le consommateur, l’expérience se rapproche davantage de l’essayage réel, et pour le vendeur, elle vise à réduire l’incertitude liée à l’ajustement et au style.
Ce que cela change pour les marques D2C
Pour les marques direct‑to‑consumer (D2C) actives dans le prêt‑à‑porter en ligne en Inde, cette fonctionnalité peut agir comme un accélérateur commercial si elle est bien intégrée au parcours client. Les effets potentiels incluent :
- augmentation des taux de conversion, en facilitant la découverte et l’évaluation des produits ;
- réduction des retours liés au mauvais ajustement, si la représentation est suffisamment fiable ;
- possibilités accrues de personnalisation et de merchandising, par exemple en proposant des recommandations adaptées à la morphologie de l’utilisateur.
Cependant, la valeur ajoutée réelle dépendra de l’intégration technique au catalogue produit des marques, de la qualité et de la cohérence des images fournies et de la capacité des équipes marketing à exploiter les données issues des interactions.
Risques, limites et questions réglementaires
Plusieurs freins sont à considérer avant de conclure à un bénéfice automatique pour les D2C :
- intégration aux catalogues : convertir des photos produit en modèles compatibles et fiables demande un travail de préparation et de normalisation des visuels ;
- qualité des images : l’exactitude de l’essayage dépend fortement de la résolution et de la variété des images disponibles pour chaque vêtement ;
- protection des données personnelles : le téléversement d’une photo en pied pose des questions sur la conservation, l’usage et la suppression de ces images ;
- droits d’auteur et reproduction : l’utilisation d’images et la génération de représentations sur des silhouettes posent des enjeux juridiques autour des droits des créateurs et des marques.
Sur le plan commercial, la fonctionnalité soulève aussi des questions de monétisation et de concurrence : Google peut rester un fournisseur d’infrastructure neutre ou chercher à capter davantage de valeur via des intégrations payantes, des liens sponsorisés ou des partenariats avec des solutions de paiement. Les startups spécialisées dans l’essayage virtuel pourraient voir leur position challengée.
Mesure d’impact et choix stratégiques
Pour les D2C, la décision d’adopter cet outil ne se limite pas à l’activation technique : elle implique de définir des indicateurs pour mesurer l’effet sur les retours, la conversion, la durée de visite et la fidélité. Un déploiement pertinent combinera tests A/B, suivi des retours et ajustements du catalogue visuel. À plus long terme, il faudra aussi évaluer si l’expérience augmente réellement la confiance des clients ou si elle se contente d’être un gadget.
Ce qui reste à confirmer
- la réduction effective des taux de retour attribuable uniquement à l’essayage virtuel et son ampleur chiffrée ;
- les modalités précises de conservation et de réemploi des photos utilisateurs par Google et par des tiers ;
- le modèle économique que Google privilégiera pour monétiser cette fonctionnalité et l’impact sur les acteurs spécialisés ;
- la portée des questions juridiques liées aux droits d’auteur lors de la réutilisation et de la transformation d’images de produits.
À retenir
- Google a lancé en Inde en décembre 2025 un essayage virtuel IA qui mappe des vêtements issus de milliards d’annonces sur une photo en pied.
- L’outil peut améliorer conversion et expérience client pour les marques D2C, mais son bénéfice réel dépendra de l’intégration et de la qualité des visuels.
- Risques à prendre en compte : protection des données, droits d’auteur, qualité des catalogues et choix de monétisation.
- Les marques doivent mesurer précisément l’impact sur les retours et définir une stratégie d’adoption intégrée au parcours d’achat.
Article amélioré avec l'IA - Article original