Le déficit de logements pousse des entreprises canadiennes à introduire la robotique et l'IA dans la construction résidentielle. Des approches variées (usines automatisées, usines mobiles, préfabrication en bois massif) prétendent accélérer la production, réduire les coûts et compenser la pénurie de main-d'œuvre, tout en butant sur des obstacles réglementaires et économiques.

Trois modèles technologiques en lice

Plusieurs jeunes sociétés proposent des solutions distinctes adaptées aux contraintes de l'habitat.

  • Promise Robotics : basée à Calgary et fondée en 2020, l'entreprise a développé une « IA physique » qui guide des robots industriels pour exécuter jusqu'à 300 étapes de construction d'un mur. Sur place, le système peut produire un mur en environ dix minutes et fabriquer en une journée les composants d'une maison de deux étages. Les fondateurs incluent Ramtin Attar, ancien responsable R&D chez Autodesk, et Reza Nasseri. En 2025, la société a été récompensée comme « Game Changer » dans le défi sur l'offre de logements de la Canada Mortgage and Housing Corporation.
  • Horizon Legacy : l'entreprise adopte un modèle mobile avec VAL, un robot d'impression 3D béton adapté de la robotique automobile. Ce robot a produit environ 30 % des éléments d'un ensemble de 26 maisons, dont une partie est destinée à des loyers abordables.
  • Intelligent City : cette approche privilégie des éléments préfabriqués en bois massif, conçus pour être assemblés sur site « comme un Lego », ce qui vise à réduire le temps de montage et à favoriser une production locale de matériaux.

Enjeux techniques, économiques et réglementaires

Ces innovations pourraient réduire les délais, la dépendance à la main-d'œuvre et certains coûts de construction. Elles ouvrent aussi des perspectives d'emplois moins physiques et de relocalisation partielle de la chaîne de valeur. Mais plusieurs freins subsistent.

  • Les conceptions de logements sont hautement personnalisées et les normes divergent fortement d'une municipalité à l'autre, rendant difficile la standardisation complète des procédés automatisés.
  • Les délais d'approbation des projets peuvent être longs et imprévisibles : un rapport du Sénat cité indique des durées allant d'environ cinq à 31 mois selon les municipalités, ce qui augmente le coût de maintien d'usines et de stocks.
  • Les coûts fixes des usines et la vulnérabilité aux cycles immobiliers rendent les fabricants automatisés moins flexibles que les constructeurs traditionnels en période de ralentissement du marché.

Rôle des pouvoirs publics et impact sur l'offre

Le gouvernement fédéral a fixé comme objectif d'augmenter significativement la capacité de construction du pays et considère la fabrication hors site comme un élément central de sa stratégie. Des mécanismes publics‑privés, des marchés publics et des agences dédiées, comme l'initiative « Build Canada Homes » mentionnée dans les discussions, pourraient accélérer l'adoption de ces technologies en assurant une demande stable et en harmonisant des exigences techniques.

Selon des acteurs du secteur, l'enjeu est urgent: la productivité de la construction stagne et le pays aurait besoin d'ajouter plusieurs millions de logements d'ici 2035 pour combler le déficit. Dans ce contexte, des progrès graduels restent possibles : comme le résume un acteur du secteur, il s'agit d'un effort difficile mais réalisable qui demandera du temps et des coopérations multiples.

Ce qui reste à confirmer

  • La capacité réelle de ces technologies à produire massivement des logements conformes aux normes municipales dans des délais économiquement viables.
  • L'ampleur et la rapidité avec lesquelles les municipalités pourront harmoniser codes et processus d'approbation pour faciliter l'industrialisation de la construction.
  • La résilience financière des modèles d'affaires automatisés face aux cycles haussiers et baissiers du marché immobilier.

À retenir

  • Plusieurs entreprises canadiennes développent des solutions robotiques et d'IA pour accélérer la construction résidentielle.
  • Les approches vont de la production en usine automatisée à l'impression 3D mobile et à la préfabrication en bois massif.
  • Ces technologies pourraient réduire délais et pénuries de main-d'œuvre, mais la réglementation locale et les coûts fixes restent des freins significatifs.
  • L'adoption à large échelle dépendra autant des politiques publiques et des commandes institutionnelles que des progrès technologiques.

Article amélioré avec l'IA - Article original