Ces dernières semaines, plusieurs organisations et collectifs liés à la culture populaire et à la science‑fiction ont adopté des positions strictes contre l'usage d'IA générative. Des changements de règles annoncés par la Science Fiction and Fantasy Writers Association (SFWA), la modification des consignes du San Diego Comic‑Con et des interdictions sur certaines plateformes illustrent une réaction coordonnée de créateurs inquiets pour leurs droits et pour la définition même de la création artistique.

Décisions récentes et leur portée

La SFWA a d'abord précisé que les œuvres entièrement produites par des modèles de langue ne seraient pas admissibles aux Nebula Awards, tout en demandant la déclaration d'un recours partiel aux outils d'IA. Face au mécontentement, le conseil s'est excusé et a durci sa position : désormais, toute œuvre écrite, totalement ou partiellement, par des modèles de langue générative (LLM) serait disqualifiée si ces outils ont été utilisés à « any point » du processus de création.

Lors du même cycle de contestation, le salon San Diego Comic‑Con a également changé ses règles pour l'exposition d'œuvres d'art : après des plaintes d'artistes concernant l'autorisation d'images générées par IA sans vente, les règles ont été remplacées par une interdiction totale d'images créées partiellement ou entièrement par l'IA. Le responsable du salon aurait résumé le changement par un mot sans ambiguïté : « NO! ».

Parallèlement, certaines plateformes de distribution musicale ont aussi banni le contenu généré par IA, signe que cette réaction ne se limite pas à un seul secteur artistique.

Les enjeux soulevés par les créateurs

Plusieurs motifs expliquent la fermeté de ces décisions. D'une part, des auteurs dénoncent ce qu'ils considèrent comme un pillage des œuvres existantes utilisées pour entraîner les modèles d'IA. D'autre part, des voix affirment que les systèmes génératifs ne produisent pas une créativité comparable à celle des humains et que leur usage nuit au geste artistique.

Un autre point majeur est la traçabilité : dès lors que des composants LLM peuvent être intégrés à des outils de traitement de texte ou de recherche, il devient difficile de déterminer si, et à quel degré, une œuvre a bénéficié d'une assistance algorithmique. Ce brouillage complique l'application des règles et expose les créateurs à des accusations injustifiées ou à des disqualifications automatiques.

Conséquences possibles et réponses attendues

Ces réactions collectives posent plusieurs défis pour les institutions et le marché culturel. D'abord, il faudra définir de manière opérationnelle ce qu'est un « usage » d'IA : une simple suggestion d'un mot dans un traitement de texte devra‑t‑elle être considérée comme de l'usage d'un LLM ? Ensuite, des mécanismes de vérification devront être conçus pour établir la présence ou l'absence d'IA sans tomber dans la surveillance intrusive des pratiques des auteurs.

Sur le plan juridique et éthique, ces décisions accélèrent la nécessité d'un cadre commun : protection des droits d'auteur, transparence des pratiques d'entraînement des modèles, obligation éventuelle d'étiquetage des œuvres assistées par IA. Pour les organisateurs d'événements et les plateformes, il s'agira d'équilibrer la protection des créateurs et la faisabilité opérationnelle des contrôles.

Ce qui reste à confirmer

  • La portée exacte des définitions d'« usage » d'IA et la manière dont elles seront appliquées dans la pratique.
  • Les procédures de vérification qui seront retenues pour détecter l'usage d'outils génératifs sans porter atteinte aux auteurs.
  • La réaction d'autres organisations culturelles et commerciales et l'éventuelle harmonisation de leurs positions.

À retenir

  • Plusieurs acteurs culturels ont récemment restreint ou interdit l'usage d'IA générative dans les œuvres exposées ou récompensées.
  • Les motifs invoqués incluent la protection des créations, le refus du « vol » d'œuvres et la contestation du caractère créatif des modèles.
  • La traçabilité de l'usage d'outils LLM est un problème central et complique l'application des règles.
  • Des cadres éthiques, juridiques et techniques clairs seront nécessaires pour concilier protection des créateurs et réalités technologiques.

Article amélioré avec l'IA - Article original